Des cahiers d'écolier remplis de poèmes brefs en manière d'instantanés. Des pages entières enfouies au fond des tiroirs de mon bureau après que j'ai essuyé les refus de nombreux éditeurs. Et, au mieux, la sombre perspective de voir un recueil publié à quelques centaines ou milliers d'exemplaires prendre place, quasi clandestinement, sur les rayonnages de bibliothèques.
J'avais besoin d'air, de bourrasques, d'embruns. Je ne voulais pas, je ne voulais plus que mon expression soit confinée. Touché par les oeuvres du Land Art, j'ai peu à peu acquis la certitude que je devais sortir - sortir et emporter avec moi mes mots de rien, mes mots à tous, légers et éphémères, libres enfin. C'est ainsi qu'est née ma poésie du dehors. C'est ainsi que du dialogue improbable d'une plage puis d'une autre avec ma langue désentravée sont nés les Galets trouvés.
Si l'on peut retrouver les galets en photo sur ce blog, ils n'existent réellement que par le parti pris de rencontres fugaces avec l'homme debout, l'homme marchant vers l'océan. De ceux qui ont trouvé les galets en Bretagne ou en Normandie, j'ai reçu quelques messages (je signe de mon adresse électronique), prémices à des échanges parfois plus soutenus. Je remarque que plusieurs des "trouveurs" ont rapporté le ou les galets à la maison. Peut-être servent-ils à présent de serre-livres ? Je n'ai pas vraiment osé poser la question. Elle a d'ailleurs assez peu d'intérêt...