toi papa tu es aux cieux
toutes les vagues se souviennent


lire ce galet trouvé
c’est retenir le temps
un peu


l’eau et le vent disent à la dune
je t’embrasse je te blesse
te défais pour toi à naître





la chapelle derrière la brume
porte ton nom de si de lande


si je réveille deux pierres plates
elles sont – mais jamais
mes pages à danser


je prends deux grains
et j’en retiens une éclaircie
par le couchant


les pas des enfants sur le sable
sont notre signature – du bonheur


dangereuse plage blanche et turquoise
ton pouvoir magique autorise
un jour les amours secrets les
amours hurlants


lourd nuage au soir se déchire
apparaît le visage aimé


même si je vois à l’intérieur
de temps à moi tu
n’es jamais vraiment celle
que ce rocher a rencontrée


jeu drôle grisaille m’attache
au large bleues tes mirettes


et puisque tu ignores tout
tu hantes ce lieu infiniment


ta pierre tombale
danse avec les vagues
au ciel céruléen


papa dors bien
les longs brisants
bercent ton nom



ventre tout rond
palpite à qui quoi mieux


la mer pluie le sable
et tout en blanc
un point d’exclamation


ton corps à l’affiche
notre image s’est cruelle


vous plaise ton dévolu
mal heureux confondu



il fait trop beau pour l’ancre bleue



                                                   et soudain un galet...bien plus gros que les autres...