dehors la poésie

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lundi, mars 26 2007

Galet trouvé

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en tout et pour vous
je n'ai jamais eu
que deux hublots
au dessus de la ligne
ma flottaison

Galet trouvé

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la mer cogne
où elle sonne
ce chant à contre
c'est toi -
Tu m'appelles

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lundi, mars 5 2007

Galet trouvé

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ma chambre à la mer
tout bouge gros temps
dans le fracas incessant
des vagues -
et je suis volontaire

Galet trouvé

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entre Gwendrez et moi
c'est à la vie à la mort
je me tue à ne pas lui dire
que je - tu me hantes

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Galet trouvé

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je vous écris du bout du monde
ici délavage assuré
les vies chavirent comme un grain
et après ! qu'on y vienne
me chercher "Aux côtiers" -

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dimanche, décembre 3 2006

Galet trouvé

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n'ai-je pas volé
à la crête des vagues
tandis que les nuages
enveloppaient les rochers

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Galet trouvé

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à cette heure sans cadran
ceux qui marchent
sur la plage
ne partent plus -
ils passent

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Galet trouvé

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un reste de brume
dans tes cheveux
une éclaircie en partage

dimanche, novembre 26 2006

Galet trouvé




un ange qui dort
déroute les ombres

Galet trouvé




un signe brun dans la neige
ta chevelure mêlée

Galet trouvé





au-delà de toute limite
tu m'envahis

Galet trouvé




pluie rien ne
peut tu - es
partie

Galet trouvé




tu passes sur les hauteurs
comme un nuage d'enfance

Galet trouvé



hors temps de rêv / e
tu m'es perdu       / e

lundi, mars 28 2005

Jamais j'oublie


ta pierre tombale
danse avec les vagues
au ciel céruléen



papa dors bien
les longs brisants
bercent ton nom



toi papa tu es aux cieux
toutes les vagues se souviennent



seul un seul nuage rieur
comme tu es vivant

dimanche, décembre 19 2004

Galets trouvés /03



l'océan gronde
les mondes sombrent
ton nom revient reviens


je succombe
un soleil écrasant
et toi tout en mirage


la musique s'éteint
avec tes yeux
le ciel est rouge
et soir


quand il joue
la mort s'incline



l'été m'échappe
tu marches en sens inverse
des aiguilles de mon coeur


je demeure sur le sable
rien n'efface ton visage
ni les vagues ni les autres


seul un seul nuage rieur
comme tu es vivant


au-delà de toute limite
tu m'envahis



juste un éperon rocheux
une dentelle sans résistance



mon île au-vent
tes je-veux
dansent


un mouton tu-toit
les pins
la brise extramarine
nous plaint


la chaleur nous étreint
3 gouttes et rien
je me noye dans tes yeux


arbre tronc
même arbre
roulé lavé
blanche page
écume
tout s'efface


la radio chuchote
cent robes
ici ou là
les fleurs
entre vent et bleu ciel


si tu savais
tu m-en-irais


le papillon blanc
à l'heure de tout quitter
passe les barrières les carrières
les frontières
de nos territoires futiles



je m'engage
en plein espoir de cause


tu menaces le ciel
d'un sourire
pour l'instant



son monde inconnu
vaut tout
le nôtre



mercredi, décembre 15 2004

Galets trouvés /02





toi papa tu es aux cieux
toutes les vagues se souviennent


lire ce galet trouvé
c’est retenir le temps
un peu


l’eau et le vent disent à la dune
je t’embrasse je te blesse
te défais pour toi à naître





la chapelle derrière la brume
porte ton nom de si de lande


si je réveille deux pierres plates
elles sont – mais jamais
mes pages à danser


je prends deux grains
et j’en retiens une éclaircie
par le couchant


les pas des enfants sur le sable
sont notre signature – du bonheur


dangereuse plage blanche et turquoise
ton pouvoir magique autorise
un jour les amours secrets les
amours hurlants


lourd nuage au soir se déchire
apparaît le visage aimé


même si je vois à l’intérieur
de temps à moi tu
n’es jamais vraiment celle
que ce rocher a rencontrée


jeu drôle grisaille m’attache
au large bleues tes mirettes


et puisque tu ignores tout
tu hantes ce lieu infiniment


ta pierre tombale
danse avec les vagues
au ciel céruléen


papa dors bien
les longs brisants
bercent ton nom



ventre tout rond
palpite à qui quoi mieux


la mer pluie le sable
et tout en blanc
un point d’exclamation


ton corps à l’affiche
notre image s’est cruelle


vous plaise ton dévolu
mal heureux confondu



il fait trop beau pour l’ancre bleue



                                                   et soudain un galet...bien plus gros que les autres...

dimanche, décembre 12 2004

Galets trouvés



Les galets à Plovan, les galets à Penhors, à Gwendrez, les galets comme un tapis de pierres, toutes les mêmes à première vue mais chacune unique, singulière, façonnée, sculptée par le vent et la mer, vague après vague…

Les galets juste avant le sable comme une frontière, barrière fragile entre les eaux et…, si souvent rompue, zone inondable par essence, que l’océan recouvre à volonté.

J’écris sur ces galets qui sont appelés à changer de forme inéluctablement au gré du temps et des éléments. Ces galets peuvent être réduits jusqu’à devenir sable. Je les marque d’une encre qui s’effacera partiellement puis totalement – pluie, marées, coefficients, tempêtes -, l’encre s’effacera avant que les galets ne se métamorphosent, mais ce n’est là qu’affaire de temps différents et identiques à la fois.

Si toutefois l’océan n’a pas totalement enfoui les galets-supports au hasard des courants, un promeneur, un pêcheur, un baigneur trébuchera peut-être sur l’un d’eux, le découvrira, le lira.

Lire le galet, ne pas le lire, poser ses pieds ici ou là, à quoi tiennent ces instants, ces faits et gestes si cohérents logiques mais aussi si incongrus. Puis si personne ne trouve la pierre écrite, la pierre lecture, eh bien rien…elle redeviendra pierre entière rendue à sa virginité par les temps. Ces galets, au contraire, pourront être comme les cailloux du petit poucé, l’aide textuelle d’un chemin, d’un parcours. Ils pourront aussi faire l’objet d’un jeu de recherche, un peu comme l’on cherche les œufs au jardin à Pâques…

J’ai engagé le processus des galets trouvés début août à Plovan. C’est une plage située entre Penhors et Tronoën. J’ai choisi 7 galets de taille moyenne où j’ai placé 7 petits textes ainsi livrés à la sagacité de l’océan, au bon vouloir des visiteurs de la plage. J’ai fait des photos de ces galets trouvés avec l’intention de les mettre sur internet. Je n’ai pas signé ces galets, j’ai inscrit sur la face libre mon adresse électronique.

De retour à Saint-Denis, ce projet va se heurter à des difficultés pratiques et matérielles. La distance des côtes bretonnes à Paris, la distance des côtes tout court…Il ne faudrait pas que ces galets trouvés deviennent des devoirs de vacances.

Je vais donc devoir utiliser d’autres supports qui fassent autant la part belle à l’énergie de la nature, à l’aléatoire, au jeu des rencontres fortuites entre texte et lecteur. Je crois que je ne supporterai plus d’écrire sur des carnets qui finissent dans des classeurs, qui eux-mêmes finissent dans des tiroirs. Textes ainsi portés aux pertes et profits après avoir essuyé les refus des éditeurs. La poésie n’a pas sa place – pas de place – dans l’édition. Les livres ont-ils de la place dans l’édition ?

Au moins ici – ou là, mes textes prendront l’eau, le vent, au mieux seront touchés et lus à la fois, et pourquoi pas emportés vivants. D’autres supports en écho aux galets : des poèmes-affiches, des autocollants dans les rues, dans la ville – villuestextes -, des bouteilles au fleuve, des mots dans les arbres comme des guirlandes – arbraparoles -, …