dehors la poésie

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dimanche, mars 19 2006

Partie


Si. Si tu pars. Là-bas. Si tu pars sans moi. Sans moi. Si tu. Empreintes. Mes pas. Les chemins de douane. Si tu foules cette terre et t'adosse aux dunes. Si tu touches le vent et enlaces les vagues. Si tu pars. Sans moi. Si tu t'égares dans la lande. Et même - si tu épouses ces lieux. N'oublie pas. Ma voix. Mon chant d'amour.

samedi, mars 11 2006

Parapluie

Un après-midi à Paris. Il pleuvait. Soudain toi. Il pleuvait quand. Tu. Comme libérée par la bouche. Le métro. Il pleuvait quand. Tu traversas la place. Lentement. Lentement. Sous la pluie. J'osais à peine. Te regarder. Tu marchais. Tu étais. Tellement là - fugitivement. Tu flottais. Quand soudain. Tu t'arrêtas pour ouvrir. Ce parapluie. Jaune.

vendredi, février 24 2006

N'est-ce pas

N'est-ce pas. N'est-ce pas trop. Grand. N'est-ce pas trop loin. Je ne sais plus. Ai-je voulu. Ai-je foulé le sol. Ta terre. Meuble. N'est-ce pas. Si j'ai vécu. Je ne sais plus. N'est-ce pas trop plein - ou bien. Si morne. Je ne sais plus si j'ai vécu. N'est-ce pas. Un mirage. La douceur d'un mensonge. N'est-ce pas. Mes illusions. Trop grand. Ton mutisme.Trop. Je ne sais plus si j'ai voulu. Si j'ai vraiment émis ce rêve.

Ailleurs

Ailleurs. Je cherche. Ailleurs. Et ce sont des trains. Tes paysages. Ailleurs. Ton nom. Je cherche. D'autres voix. D'autres traces. Ailleurs. Je. Je cherche ailleurs. Pour rien. Pour toi. Ailleurs. La nuit - et le jour. Mais. Ce sont. Toujours. Tout. Le temps. Toujours. Tes yeux. Tes yeux. Ton corps et tes rires. Ailleurs. C'est toujours. Toi.

vendredi, février 17 2006

Boue

Il n'a pas plu depuis longtemps, longtemps. Il n'a pas. Depuis. Il n'a pas. Pluie. Il n'a pas pu. Il n'a pas plu depuis si longtemps et pourtant. Ce matin, juste après l'aube, après que la brise a dissipé la brume. Ce matin, il a marché dedans. Dans la boue. De la boue. Les pieds, les deux pieds dans la boue. Il n'a pas pu. Ce matin. Progression de plus en plus difficile. Il n'a pas pu arriver. Arriver. Jusqu'à toi. Sa progression lente, très lente puis impossible. Ca. Les deux pieds. De la boue. Partout. Et il s'est enfoncé dedans, dedans. Jusqu'aux genoux, jusqu'à - la boue.

jeudi, décembre 22 2005

Paris, Texas


On ne re-voit pas, on voit. Ce soir. Ce soir, j'ai vu. J'ai vu le poème de Wim Wenders : Paris, Texas. Et j'ai été totalement submergé par cette vague d'amour. Abasourdi, englouti. Une vague qui se brise sur la digue de nos fragilités. Nos fragilités. Tout cet amour qui trouve portes closes. Qui se heurte à la banale folie du monde. Le monde. Ce monde que nous avons bâti. Le monde. Cette forteresse. Ces murs que nous élevons autour de notre solitude. Le monde, notre forteresse muette. C'est bien un miroir sans teint qui nous sépare de nous, de lui et d'elle. C'est bien dans ce miroir sans teint que se reflète l'image de nos vies égarées. A la fin, au bout des paradoxes et de tous les traumatismes, l'espoir demeure : n'avons-nous pas devant les yeux et sous nos pieds ces horizons vibrants, ces horizons inachevés qui ne demandent qu'à parler - avec ou sans mots.

vendredi, décembre 9 2005

Manifeste pour le ciel bleu



Nous souffrons. Nous souffrons d'un penchant poison. Un poison insidieux. Nous souffrons d'un penchant morbide - le goût du noir.
Ce poison que l'on pile avec application, avec délectation, ce poison consciencieusement travaillé, broyé, pour une ingestion mieux radicale.
Nous souffrons de ce penchant redoutable à très forte dose de narcissisme interdit.
Nous souffrons. Nous souffrons d'un mal que toutes les expertises médicales situent entre le nombril et la corne d'abondance.
Ainsi, je vous le dis et que ces mots claquent au vent comme les drapeaux à prière de mon toi du monde. Je vous le dis : le ciel est bleu, le ciel est tout bleu et ce bleu est d'une pureté insondable.

vendredi, novembre 18 2005

Froid

Aujourd'hui, nous avons accompagné Claude dans son dernier voyage...

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mardi, novembre 8 2005

Entre mille

Entre mille. Entre mille, je la reconnaîtrais. Entre. Entre mille, je la reconnaîtrai. Et quand bien même des villes et des sens. Toutes les gares, ces stations. Toutes les rues. Toutes ces voix et ces visages, je la reconnaîtrai. Entre mille, je. Là. Ou elle sera, je saurai. La trouver, la voir, la reconnaître entre - elle.

samedi, novembre 5 2005

Traces

Les mots comme ils me viennent après avoir vu les photos de Sophie Ristelhueber au centre Georges Pompidou (exposition Big Bang / salle : "guerre")...

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lundi, octobre 31 2005

Des fleurs


Une estampe d'Hokusai

Toutes mes pensées. Des fleurs. Toutes les fleurs du monde. Toutes les miennes, toutes les tiennes. Toutes les fleurs, tout contre toi. Tant de pétales, velours, une seule et même caresse, la mienne, intemporelle. Tant de souvenirs, un seul parfum si tendre. Toutes les couleurs, les fleurs. Tant de chaleur. A la fusion. Tellement que brûlent les. Pierre. Tellement que tu vis. Encore. Encore.

mercredi, octobre 26 2005

Le train

tgv001_350.jpgLe train. Ce wagon vide qui flotte un peu. Le train à la tombée de - l'automne. Le train. Le train entre en gare. La gare. Le train. Le train repart entre le rouge et le gris d'eau. Le train. Ses paysages. Ma mélancolie douce.

dimanche, octobre 23 2005

Un coup de vent


                              Dessin de Jean-Baptiste Corot

J'allais sans rien. Rien. Peu d'énergie. Economie du mouvement. J'allais tout doux, presque arrêté. Et puis soudain. Inattendu. Coup de tabac. Des rafales à ployer, des rafales à tomber, une force excessive. J'allais de nouveau. De l'avant. Ainsi subjugué, ainsi enivré. J'avançais sous la pluie battante. J'avançais sous un ciel aux nuages pressés. Sous l'emprise du vent. Quel vent. Je faisais route à présent vers - tes latitudes.

samedi, octobre 22 2005

Méandres

fleuve.jpg Tu viens lentement, si lentement. Tu viens en amont. En amont du temps. Tu viens. Tu navigues si lentement. La mémoire - du fleuve, tu renais. Tu viens. Je t'attends. Déjà. Je t'entends. Je l'entends ton coeur. Qu'il pousse. Ton coeur. Je t'attends. Je t'entends avant. J'attends. T'apercevoir enfin. Entre ! Mes méandres. Enfin, te voir. Le temps, tout le temps de contempler. Te contempler. Tout le temps de t'aimer quand tu prends le temps d'enlacer - le fleuve. Mes méandres.

dimanche, octobre 16 2005

Une ombre

Une ombre. Entre nous. Une ombre entre nous. Une ombre diffuse. Mai. Qui nous porte des coups. Une ombre qui rogne. Qui glisse - cette ombre se glisse. Cette ombre. Allons ! Nous ? Prenons dans nos mains. Nos mains jointes. Allons, prenons la gomme à remonter. Tout effacer. Prenons la vie. De nous - recommencer. Recommencer

lundi, octobre 10 2005

M'automne



Automne. J'ai attrapé. D'automne, quelques feuilles. Un paysage. Le sol. Jonché. D'automne. Des feuilles. J'ai attrapé. La lumière fugitive. D'automne. Ton éclat. J'ai attrapé. Du bien - aux cieux de ta mélancolie...M'automne.

samedi, octobre 8 2005

Dissipation


Dissipation. Matines eaux. Dissipation. Avant elle, ouate. Un mur de ouate. Epais. Avant. Dissipation. Epais silence. Avant elle. Toute vie atténuée. Dissipation. Là. Elle. Dissipation des brouillards. A midi. Elle. Mon apparition. A moi.

mercredi, octobre 5 2005

Préau

pique_nique1Web.jpg
Je n'ai rien. Il a plu. Je n'ai. Plu. Il a plu. Juste en haut. Derrière l'école. Je ne peux m'empêcher d'y plonger. Je n'ai plus. Rien. Plu. Plus un seul souvenir. Deux. Sec. Il a plu pour. Notre coteau. Tout bleu. A tes yeux. Je ne peux m'empêcher d'y songer. Il a plu pour. Une fois. Il a plu juste une fois. Pour nous - seul. Je n'ai rien. Je n'ai plus. Rien. Que ce préau de toi.

mercredi, septembre 21 2005

Bleu

Bleu. Bleu du soir. Bleu des jours d'automne. Le soir. Bleu des soirs d'automne. Tombe - et du ciel. Une seule lumière. Ce soir. Un bleu unique. Bleu. Bleu du soir. Bleu de toi. Bleu de l'âme. Ton souvenir. Pur et pénétrant. Pur. Ton souvenir. Ce bleu. Un bleu qui n'est - ni la vie ni la mort. Bleu du soir. Tant l'heure n'est plus. Bleu des soirs d'automne. Bleu. Le cri perçant. Seul. Bleu. Ta voix cristalline. Bleu du ciel. Immensément.












Yves Klein

vendredi, septembre 16 2005

Station A

Station - A quai, une foule d'ombres. A. Ce matin. L'ombre des hommes. De moi. Station. Le quai. Mes pieds. Le quai se dérobe. Sous. Mes pieds. A. Je. Nous. Station. Debout. Ici. Après. Notre éternité.

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